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LE CONSEIL DES RESISTANTS CONGOLAIS (CRC) DE GRANDE-BRETAGNE PORTE SUR LES FONDS BAPTISMAUX

Londres, le 16 février 2008. Autant que l'événement, la date du jour fut, en elle-même, un symbole pour la lutte et le cheminement démocratique du Congo-Kinshasa lorsqu'on se souvient que ce fut le 16 février 1992 que les chrétiens de Kinshasa furent massacrés par les sbires et mercenaires au service de Mobutu, alors qu'ils manifestaient paisiblement en marchant avec des bibles, chapelets, rameaux pour la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine, conférence fermée « avec force » , auparavant par le Premier Ministre d'alors Jean Nguz. C'est donc cette même date choisie par le CRC-Grande Bretagne pour sa première sortie officielle. En fait, on se souvient que le Conseil des Résistants Congolais de Grande Bretagne , CRC (Congolese Resistants Council) , avait déjà eu sa reconnaissance de facto par la lettre leur adressée par le Home Office (le Ministère de l'intérieurr britannique), en réponse à la campagne de sensibilisation et aux pétitions contre le concert de l'artiste Kofi Olomidé. On comprend alors l'importance du meeting populaire de la résistance sous le thème « Sens et vision de la résistance » , comme stipulé dans les invitations.

L'événement qui s'est déroulé dans la salle Chustnuts Community Centre (Tottenham, au Nord de Londres) bourrée de plus de 300 personnes et a vu le comité composé de Jeansy Kazadi, le président, le pasteur Dave Indanda, secrétaire général et modérateur du jour, du pasteur Shabani, chargé des questions financières, de Jean-René Yoto, vice-secrétaire général, d'Alain Esale chargé de la culture et de Matone, chargé de stratégie, le comité a, pour le moins que l'on puisse dire, rempli sa tâche du jour. Comme l'a stipulé monsieur Jeansy KAZADI, le politique et le leader congolais ont eu jusque-là plusieurs agendas cachés et d'autres chats à fouetter que de chercher l'intérêt du peuple congolais. Cette façon de faire doit changer. C'est le sens et la vision nouvelle que voudrait incarner le CRC. Le CRC, sans vouloir denier le combat et les méthodologies des autres groupes vient se définie comme étant un groupe de pression , où des individus, des partis, des groupes peuvent s'affilier librement. Ils sont décidés à faire changer cette façon de voir et de faire de la politique, c'est-à-dire de gérer la cité et la chose publique. Emboîtant les pas aux autres mouvements politico-sociaux de la diaspora, le CRC s'oppose au régime actuel en fonction à Kinshasa dont les méthodes de gestion de l'Etat laissent à désirer.

Selon les orateurs, le CRC tire son origine de fait de la question d'un journaliste lors des marches contre la candidature de Joseph Kabila, appelé Hyppolite Kanambe tout au long de la rencontre, taxé d'étranger envoyé pour accomplir le plan d'occupation du Congo. Les congolais s'étaient alors engagés, a rappelé Jeansy, de résister si le candidat Joseph Kabila devenait malgré tout chef de l'Etat. Le CRC n'est que la concrétisation de ce vœu que nombreux ont d'ailleurs déjà oublié. Il ne faudra plus à tout congolais d'aller par quatre chemins. Puisque le pays est ainsi occupé, l'impératif pour un chacun et pour le CRC est de lutter pour sa libération totale. Pour cela, le CRC entend ainsi analyser en profondeur les approches diverses du passé afin d'y déceler les erreurs et d'entrevoir des actions futures qui iront du lobbying aux pressions diverses.

Quant à son actif, le CRC a rappelé à l'assemblée quelques faits majeurs : l'annulation du concert de Koffi Olomide et l'impact d'éveil tiré de cet événement puisque la commission de censure de Kinshasa s'est ainsi réveillé pour interdire des scènes, cris et chansons aux allures obscènes des deux principaux musiciens congolais, les récentes protestations lors de la Conférence de Louis Michel au London School of Economic and Politics Affairs. Mais, a ajouté le président du CRC, prochainement les membres seront invités à agir autrement : au lieu de chahuter et de crier, les congolais gagnerions en engageant plutôt un débat sein, argumenté avec de tels interlocuteurs au lieu de le sortir par la petite porte de l'humiliation. Ce n'est qu'une partie remise. Puis, le CRC se réjouit d'avoir empêché à un autre aventurier de pouvoir proclamer l'indépendance de l'Etat du Kivu en envahissant la salle où devait se dire cette messe obscure. La vigilance est désormais de mise pour ne plus permettre à quiconque qui le veut s'amuser avec le Congo, surtout dans la capitale britannique, en sachant qu'il aura les résistants sur sa route.

Pour concrétiser sa nouvelle vision, le CRC entend aussi se distancier des trois grosses erreurs historiques dont les congolais payent aujourd'hui les prix. Si tous accordons aujourd'hui que la guerre de 1996 fut une guerre d'agression, la première grosse erreur fut la nomination d'un James Kabarebe comme chef d'Etat major de l'armée en RDC. Ce fut la concrétisation de l'occupation du pays par les étrangers. Hélas, tous les actes qui s'en suivirent ne firent que la continuation de cet acte de trahison. La gestion collégiale de la transition avec la formule 1+4 fut la première grosse erreur, une légitimation de la première erreur. La seconde erreur fut d'avoir accepté d'aller aux élections avec Joseph Kabila comme candidat. Ce fut l'acceptation du fait d'avoir un étranger dans le système. La troisième grosse erreur est celle des congolais qui se disent qu'il faudra lui laisser « ses » cinq ans et attendre. C'est maintenant ou jamais qu'il faudra s'opposer au système actuel et résister.

Le CRC a aussi la vision de contribuer à la libération du pays de son occupation économique, c'est-à-dire en prenant une part active au débat économique du pays. Car, le congolais n'est pas souvent averti sur la gestion économique de son pays, la signature des contrats d'exploitation par exemple doivent faire l'objet des débats et information à la population. A partir de la Grande-Bretagne, le CRC cherchera ainsi à voir clair, à s'informer et à informer le peuple souverain sur les rouages économico-financières où le pays est souvent placé. Mais, pour le faire, le CRC entend aussi s'attellera à informer et à bien informer le peuple, en usant de l'expertise de tout congolais professionnel des médias pour aider à ne pas tomber ni dans la désinformation, ni dans la sous-information. Le CRC s'engage ainsi à ne jamais diffusé toute information non-signée et non vérifiée et s'attèlera à mettre en place, dans un avenir proche, un organe de presse pour informer correctement les congolais.

Mais, pour atteindre de tels objectifs nobles, le CRC entend de tous ses membres anciens et futurs, un vrai engagement qui doit se traduire par le soutient financier à apporter au CRC. Pour arriver à mobiliser ainsi des ressources, le comité s'engage ainsi à bien gérer les ressources à sa disposition, dans la clarté et la transparence. D'ailleurs, le comité qui se donne deux ans pour mettre en place des structures devant rester, entend bien rendre compte, constamment, de son travail à la communauté qui lui donne ainsi mandat et confiance.

Puisque le CRC sait ne pas être seul dans cette lutte, il entendra respecter les uns et les autres dans leur vision, tout en espérant que les autres éviteront les distractions à freiner ses objectifs. Pour cela d'ailleurs, officiellement, le comité avait ainsi décidé, après la période probatoire d'organisation et constitution, que le mouvement n'était pas une alliance des combattants , mais simplement des résistants, excluant ainsi « le combat » de ses statuts. Il faudra, ont-ils dit, éviter de tomber dans le piège des rebellions et de l'usage de la force comme moyen de pression. Certes, les frustrations peuvent engendrées des mouvements de colère et de protestations, mais il faudra aujourd'hui développer le lobbying, nous a affirmé le président Jeansy Kazadi .

On a pu noter la question d'un opposant sierra léonais qui, tout en affirmant ne pas soutenir l'actuel régime actuel de Kinshasa parce que satisfaisant plus les intérêts des étrangers et ceux des congolais, a posé la question de savoir les garanties que donnaient les résistants que si demain ils venaient à remplacer le pouvoir actuel, ils allaient vraiment travailler pour le bien du peuple congolais et africain. Le comité, a répondu le CRC, est soumis à une évaluation continuelle et les résistants et les membres seront appelés à se prononcer sur les actions futurs.

Une chose est vraie, la réunion qui a commencé par une minute de silence s'est terminé par une adhésion massive des nouveaux membres qui ont pris d'assaut la réception pour signer leurs fiches d'adhésion et on a pu aussi avoir des interventions des délégations issues des provinces, où le comité entend se déplacer prochainement pour son travail de sensibilisation et de mobilisation, et des comités venus d'une façon circonstancielle des autres diasporas voulant s'informer de la nouvelle donne née à Londres. La réussite de ce meeting qualifié de populaire fut sans équivoque et a pu même bénéficier de la présence de Madame Liz du Congo Support Group qui est revenu sur les efforts pour freiner la déportation des congolais. La communauté est invitée à une extrême vigilance.

Une chose est vraie, la nature ayant horreur du vide et devant le vide crée depuis la dernière réunion avortée de la communautaire de la CCUK, la communauté congolaise de Grande-Bretagne, le 30 juin 2007, le Conseil des Résistants Congolais apparaît aujourd'hui venir jouer au leadership de sauvetage et devient porte-étendard de la contestation et de l'opposition politique en Grande-Bretagne, qu'on le reconnaisse ou non. Surtout que depuis les élections, les partis politiques et leurs présidents et comités se font chercher sur les bout des doigts. Si l'UDPS tente de renaître avec son congrès de Kinshasa et que l'APARECO ne vit que par les Emails et affiches de son président Honoré Ngbanda sur Internet, avec quelque fois le passage d'un membre du comité pour haranguer les membres, tous les autres partis semblent vider de leur contenu et se sont essoufflés : on perdrait sa tête à voir un membre du PPRD sur les rues de Londres, ils emble que nombreux se seraient refugiés volontairement à Kinshasa pour participer à la gestion du pouvoir, entendez profiter de leur part du gâteau  ; le MLC semble être entré dans la clandestinité ou se meut en exil comme son président, pour ne citer que ces deux cas. D'ailleurs, conscient de ce fait sociologique que représente aujourd'hui le CRC, surtout après cette reconnaissance de fait par le Home Office, les faucons ont commencé à s'agiter comme d'habitude en créant des mouvements parallèles, confirmant le vagabondage qui semble être devenu notre seconde nature politique.

Cependant, il ne faudra pas se voiler les yeux pour dire que le CRC aura du pain sur la planche et se demander s'il pourra apporter un souffle nouveau dans l'approche politique congolaise de la diaspora, se distancer réellement de l'idéologie du combat puisqu'il est politiquement de la nature de la force musculaire d'obéir à la raison . Devant la ribambelle d'opposants et des leaders que comptent le Congo, le CRC qui entend ne pas les déranger dans leur quiétude et leurs idéologies, pourra-t-il bien matérialiser ses objectifs sans perdre son temps en cherchant un modus vivendi avec les autres leaders dont nombreux sont dans la diaspora. On sait que la politique au Congo se joue aussi dans ses rapports avec les autres partenaires bilatéraux et multinationaux. Le CRC cherchera-t-il et réussira-t-il à engager un dialogue politique avec ces institutions ou avec les autorités britanniques, qu'on sait soutenir financièrement le processus actuel ayant débouché sur les élections, même si on croit savoir qu'elles auront certes des critiques sur la gestion actuelle du régime de Kinshasa, notamment sur l'épineux problème des fameux contrats et la gestion des eaux et forêts congolaises. Après sa reconnaissance de facto par les autorités britanniques, le CRC profitera-t-il de cette position stratégique de fait qu'il se trouve à Londres, ville historique par où passe tous les mouvements de résistances et d'opposition, pour capitaliser cette dose confiance par une approche diplomatique avec les autorités, en devenant ainsi la voix des congolais, surtout pour les matières sensibles que sont les atteintes aux droits humains des congolais. Surtout lorsqu'on sait que tout changement n'a pas nécessairement besoin d'actions musculaires ou chaotiques pour arriver à bon port. Les pétitions contre les concerts de Kofi pourraient servir d'exemple éloquent.

Le chemin est encore long, mais déjà le parcours entamé est élogieux et prometteur à la condition que tout congolais puisse apporter sa pierre de contribution dans cette édifice de la construction de la nation congolaise dont le pan du voile de la diaspora est aujourd'hui sous la bannière du Conseil des Résistants Congolais de Londres. Une chose est vraie, le pouvoir de Kinshasa devra compter avoir désormais les résistants de Londres sur son dos pour lui rappeler à l'ordre et pour que les messieurs au pouvoir ne croient pas se pavoiser à volonté surtout que pour le CRC le pouvoir actuel est une usurpation pure et simple. Mais, comme on sait comment finissent les révolutions et les combats, le CRC évitera-t-il soit de se faire bouffer par ses propres fils, soit de bouffer lui-même ses héros ? Retiendra-t-il les leçons de l'échec de la gestion politique de l'AFDL qui a montrer qu'autre chose est de remporter une guerre, autre chose est de savoir et pouvoir bien gérer la victoire.

En tout cas, ce ne sont pas les dissensions au sein du combat qui sont de nature à calmer les nerfs des uns et des autres. Alors qu'on se réunissait à Tottenham, une seconde aile, se réclamant de l'aile dure, se réunissait aussi et, le soir même, distribuait son Newsletter « Etumba » pour monter qu'elle était la vraie aile originale des combattants. Un seul mot est sur tous les lèvres « les collabos» , c'est-à-dire les mouchards au service du pouvoir de Kinshasa. Puis, d'autres vieux politiciens se réclamant aussi de la nouvelle résistance distribuaient aussi leurs invitations via le net pour une autre convocation de la même communauté. Incroyable… Ce qui a fait dire à plus d'un observateur qu'on était là encore dans les syndromes de la Zaikomanie et de la Wengemanie , c'est-à-dire la dislocation légendaire de nos groupes et de nos partis politiques dont le Congo-Kinshasa garde seul le secret sacré. Tout aussi incroyable que les uns et les autres ne comprennent jamais que cette façon d'aller en ordre dispersé est une vraie manie et affaiblie la cause noble qu'on entend défendre et lutter, car l'ennemi lui ne semble pas aller par quatre chemins. Les jours à venir nous en diront assez dans ce bras de fer qui ne dit pas son nom, même si le Conseil des Résistants Congolais semble avoir pris de l'avance sur tous les autres groupuscules qui risquent de ne pas avoir le quitus de la population. Avec le CRC qui se distancie et se définie ainsi clairement comme un mouvement politique, le champ laisse libre dans la vieille confrontation laissera surement champ libre a la commission dite Herman Nzeza, pour relancer le CCUK, cette église au milieu du village, pour s'occuper des autres problèmes sociaux de la diaspora congolaise de Grande-Bretagne. D'où viendra enfin le salut pour sauver le Congo de cet imbroglio ou elle tente chaque fois de s'enfoncer lorsqu'il apparaît une petite lueur d'approche nouvelle et autre ?... Le mal congolais est-il cette jalousie qui pousse le congolais à ne jamais accepter l'autre congolais, surtout lorsque celui-ci tente mieux, autre ou plus que lui ?... Le mal congolais est-il cette difficulté à ne jamais accepter le leadership et l'expertise de l'autre, tout simplement parce qu'ile st congolais ?... Autant de questions à disserter pour l'avenir.

Norbert X MBU-MPUTU
Congo Vision UK
18 février 2008

Publié le 10 mars 2008

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